Avec l’accompagnement de CREC International, les responsables des radios catholiques du Tchad se sont réunis à Bongor pour la Rencontre nationale 2026 du Réseau des Médias Catholiques au Tchad (RMCT) : trois jours d’évaluation, d’élections et de décisions qui donnent enfin au projet une base solide.
Accueillis par la Radio Terre Nouvelle de Bongor, directeurs, rédacteurs en chef, techniciens et journalistes des huit radios diocésaines se sont retrouvés pour un rendez-vous que personne ne voulait réduire à un simple séminaire. Comme l’a dit à l’ouverture le coordonnateur national Djimtamra Percy Séraphin, il s’agissait de se retrouver « en famille » pour évaluer ensemble la manière de servir la mission de l’Église à travers les radios et pour tracer des voies concrètes vers plus d’efficacité, de solidarité et de professionnalisme.
Mgr Dominique Tinoudji, évêque de Pala et président de la Commission épiscopale des moyens de communication sociale, a ouvert les travaux en rappelant le contexte : désinformation, divisions, conflits, discours de haine. Dans ce paysage, les médias catholiques ne sont pas de simples moyens techniques de diffusion, mais des espaces d’évangélisation, d’éducation et de promotion humaine, qui donnent une voix à ceux qui n’en ont pas. En même temps, les radios font face aux difficultés financières, à l’insuffisance des équipements, aux besoins de formation et à l’évolution rapide des technologies. La réponse, a-t-il insisté, ne peut être individuelle : il faut mutualiser les compétences et les expériences.
L’apport de CREC International
Le rôle de CREC International a été publiquement reconnu par tous les intervenants comme déterminant. C’est grâce à son accompagnement, à son expertise et à son engagement constant que la rencontre nationale a pu se tenir, et avec elle la finalisation du projet de renforcement et d’équipement des médias catholiques au Tchad.
Dans son discours d’ouverture, le président de CREC International, le P. Fabrizio Colombo, a toutefois déplacé le centre de gravité du matériel vers la mentalité : « Ce projet de création du réseau n’est pas l’énième grand projet destiné à remplir chacune de vos réalités de matériel. Si ce n’était que cela, je ne serais pas ici. » Oui à la migration technologique audio et vidéo qui placera toutes les radios au même niveau de moyens ; mais le réseau est avant tout un changement de mentalité et une nouvelle manière de travailler, où programmes, événements et informations sont mis en commun, au-delà de tout régionalisme et de tout séparatisme culturel ou linguistique. L’esprit est celui de l’UBUNTU : je suis parce que les autres sont. Et, citant McLuhan, « the medium is the message » : notre manière de communiquer est déjà le message. Comme missionnaire combonien, le P. Colombo a lu le travail des communicateurs tchadiens à la lumière du rêve du fondateur, « sauver l’Afrique par l’Afrique », où la femme et l’homme africains sont les véritables protagonistes du présent et de l’avenir du continent.
Décisions, élections, perspectives
Les travaux ont permis d’examiner avec lucidité la réalité de chaque radio — forces, difficultés, besoins, mais aussi les nombreuses initiatives porteuses d’espérance déjà existantes dans plusieurs diocèses — et d’arrêter des mécanismes concrets de coopération : partage des productions radiophoniques, envoi régulier des dépêches et des informations d’intérêt national ou diocésain, coordination des relations avec les partenaires, recherche de nouveaux financements, projets communs. Ont également été abordés la valorisation du réseau, la plateforme d’échange entre les rédactions et la planification de visites annuelles dans les huit radios membres.
La rencontre s’est achevée par l’élection des nouveaux membres des instances du Réseau et par l’adoption de résolutions qui seront transmises à la Conférence des évêques du Tchad et serviront de feuille de route pour les années à venir. Ce rendez-vous s’inscrit par ailleurs dans la préparation du centenaire de l’évangélisation au Tchad, où les médias catholiques auront un rôle déterminant.
Dans son discours de clôture, Mgr Tinoudji s’est dit convaincu qu’en restant unis et fidèles aux engagements pris à Bongor, le Réseau deviendra une référence au sein de l’ACERAC, l’Association des Conférences Épiscopales de la Région de l’Afrique Centrale : non par esprit de compétition, mais parce que l’expérience tchadienne aura montré qu’une collaboration fraternelle produit des fruits durables.
Le P. Colombo a clos les travaux en prenant un engagement précis devant l’assemblée : représenter le Réseau et mener avec force à son terme le dossier de financement du projet. « Travaillez concrètement sur des projets et sur l’organisation de votre durabilité, avec créativité et courage, pour être toujours plus indépendants. » Et une invitation qui est déjà une ligne éditoriale : que la communication des médias catholiques s’adresse aussi aux puissants et à ceux qui usent de la violence et de la peur pour dominer — à l’image des prophètes, voix de la vérité.



